Mémoires d’un vieux con

Roland Topor

“Les retardataires qui n’auraient pas eu le temps d’acquérir la nouvelle édition des Mémoires d’un vieux con (déjà réimprimée) ont bien de la chance. Car Topor lui-même a décidé de répliquer au succès de son livre par une édition unique, limitée à 500 exemplaires (dont 100 hors commerce), augmentée d’un cahier de 16 pages (texte, photos et peintures) intitulées « Topor à la bombe ».

Vous y découvrirez toute la vérité sur l’édition des Mémoires d’un vieux con : « Pourquoi à la bombe ? C’était la seule solution. Après le foudroyant succès de mes Mémoires, mon éditeur me pressait d’écrire un second volume… Qu’est-ce que vous feriez à ma place ? Moi, pour la douzième fois, je fonde immédiatement le cubisme ! Mais un cubisme différent, plus meurtrier que les précédents, plus viscéral : LE CUBISME À LA BOMBE ! »

Foin des tirages de tête, voici le tirage de queue collector des Mémoires d’un vieux con, suivies de « Topor à la bombe ». Attention, ce tirage unique ne sera pas réimprimé.”


Édition limitée et numérotée

Parution le 5 décembre 2011

(éditions Wombat, 25 euros)

Gravenstein

Øyvind Torseter

“C’est l’histoire d’un drôle de petit bonhomme affublé d’une trompe et amateur de pommes. Poursuivi par les propriétaires du pommier, lapidé à coups de fruits, il fuit et tombe dans un trou béant. Abandonné à son sort, le bébé Elephant Man sera sauvé par un homme et sa fille, Miss, personnages récurrents chez Torseter. Une histoire déjantée, à la scandinave, remarquablement illustrée par Øyvind Torseter. Un univers féérique, subtilement coloré qui parle de la différence, du rejet, de la solitude. Un livre à mettre entre les mains de tous les enfants, qu’ils soient persécuteurs ou persécutés.”

Hors collection
A partir de 10 ans

(éditions La Joie de lire, 12 euros)

Traversée de la conscience

Éric Coulon

“Ce récit de la journée particulière d’un homme sous influences nous propose un singulier phénomène de contraction du temps et de l’espace : en quelques heures, le narrateur va en effet connaître, sans sortir de son appartement, une série d’expériences et de révélations qui vont l’amener insensiblement aux portes du savoir universel.
A partir d’interrogations sur une mystérieuse femme aimée, d’observations sur la véritable nature du monde qui nous environne, des strates de réalités « autres » (plus denses, plus profondes ou plus amples) vont venir se superposer à la réalité courante. Si la parabole concentre en un lieu et sur une journée une expérience totale de connaissance, elle nous invite clairement à la transposer dans notre vie en utilisant au mieux notre conscience, en faisant fructifier nos acquis et nos rencontres.
Le lecteur sera ainsi happé par ce « roman d’aventure intérieure » qui progresse en parallèle sur les deux versants de la conscience : le versant méditatif et le versant poétique. Et sur lui aussi ce troublant parcours initiatique ne sera pas sans effet.”
(éditions Sulliver, 18 euros)

Prends soin de Maman

Shin Kyung-Sook

“Le jour où Sonyŏ disparaît, égarée dans la métropole, ses enfants, devenus adultes, voient un abîme s’ouvrir devant eux.
Ensemble, ils se démènent pour la retrouver. Et, chacun à son tour, ils explorent ce lien unique qui les liait – les lie encore – avec celle qui leur a donné le jour. Les attentions quotidiennes, au village où ils ont été élevés, les espoirs que leur mère plaçait en eux, son soutien indéfectible…
Eux qui sont partis vivre leur vie, laissant derrière eux cette femme uniquement préoccupée de leur bonheur, se heurtent à son absence. Au vide auquel elle les confronte. Au vertige de la disparition…
Un hommage bouleversant à l’amour maternel, unique, universel et absolu.”
(éditions Oh!, 17,90 euros)

Scènes de vie en Corée

Martine Prost

« Le livre est une mine de renseignements, d’informations utiles, une source de réflexion souvent beaucoup plus riche que bien des thèses académiques et articles érudits parce que l’auteure sait en donner chaque fois le sens et le contexte et que sa lecture est toujours passionnante, le récit enjoué, facile et agréable, d’une grande liberté et d’une grande honnêteté. C’est un voyage dans ce que la Corée a de plus authentique, la vie de tous les jours avec sa gaieté, ses angoisses, une vitalité viscérale qui va de pair parfois avec un spleen quasiment baudelairien qu’exprime la musique. […] On ne saurait trop recommander la lecture de l’ouvrage pour son approche qui fait fi de toutes les conventions et de tous les clichés, mais aussi pour les questions qu’il pose sur le monde d’aujourd’hui — la Corée pour elle-même, la Corée comme exemple, la Corée comme miroir et interrogation. » (extraits de la préface de Pierre Cambon, conservateur chargé des collections coréennes au musée Guimet)
(L’Asiathèque, 22 euros)

La Responsabilité de l’écrivain

Gisèle Sapiro

“Un écrivain peut-il tout dire, et si non, quelles sont les limites ? Celles-ci ont-elles évolué, ou les interdits sont-ils permanents ? Un écrivain doit-il tout dire, et si oui, les lois de la République des lettres lui font-elles obligation d’enfreindre celles du pouvoir et de la morale ? Telles sont quelques-unes des questions qu’aborde ce livre d’une ampleur intellectuelle et politique considérable.
La liberté de l’auteur est indissociable de sa responsabilité, autrement dit d’une réflexion sur le rôle social de l’écrivain et sur les pouvoirs, réels ou supposés, de l’écrit. C’est ce lien que l’une des meilleures spécialistes de la condition des écrivains à travers l’histoire s’est attachée à penser pendant dix ans. L’étude traite ces questions à quatre moments-clés, qui marquent autant d’étapes dans l’histoire de la morale publique en France : la Restauration, le Second Empire, la Troisième République et la Libération.
On y revisite des procès célèbres : ceux de Béranger, Courier, Flaubert, Baudelaire, ceux des naturalistes et, à partir d’archives inédites, ceux des intellectuels collaborationnistes. L’épilogue examine la redéfinition de ces enjeux des années 1950 à nos jours : les formes de censure se font plus discrètes, la parole de l’écrivain a perdu de son poids dans l’espace public, mais l’actualité montre que la littérature peut encore être scandaleuse.”
(éditions du Seuil, 35 euros)

Apologie du livre, demain, aujourd’hui, hier

Robert Darnton

« Voici venu le temps des petits prophètes.
Ils susurrent que le papier est voué à disparaître, ils se réjouissent de la mort du livre, qui les dispense, croient-ils, d’en lire, ils clament l’avènement du tout numérique et de sa révolution. Mais l’univers des prophéties est loin de notre monde réel. Robert Darnton met en parallèle les moyens électroniques de communication avec la puissance libérée par Gutenberg voilà plus de cinq siècles, il en évalue les effets anthropologiques sur la lecture, il mesure les avantages mutuels qui lient bibliothèques et Internet, il examine enfin nombre de problèmes d’ordre pratique, c’est-à-dire culturels, par exemple, pourquoi maintenir les acquisitions de livres imprimés tout en accroissant la place faite au numérique, support désormais privilégié par les jeunes générations? Comment légitimer les monographies numériques aux yeux des conservateurs pour qui un livre ne peut exister que sous forme imprimée ? Par quel paradoxe la bibliothèque, en apparence la plus archaïque des institutions, est, du fait de sa position au coeur du monde du savoir, l’intermédiaire idéal entre les modes de communication imprimés et numériques ? Chemin faisant, le lecteur découvre comment le livre met en forme la matière du monde, combien les processus de transmission modifient les textes mêmes, pourquoi le papier n’est pas entièrement remplaçable par le fichier numérique, que Shakespeare prouve la nécessité de conserver plus d’un exemplaire d’un livre, et ce que serait une République numérique des Lettres.
Robert Darnton signe ici un livre non pas d’oraison, mais de raison gardée.»
(éditions Gallimard, 17 euros)

A l’ombre de mes propos

Hubert Nyssen

“16 mai 2009 – Si j’écris ici chaque jour, c’est pour ne pas en perdre l’habitude, pour ne pas céder aux irrésolutions qui conduisent au silence, pour dresser un barrage contre les vagues du déclin, pour empêcher que les rouages se grippent, pour rouvrir les yeux sur l’insoupçonnable, pour arroser le désir avec des mots qui lui rendent des couleurs, pour faire que la mémoire n’abuse pas des grasses matinées et des siestes trop longues, pour ressusciter les morts et rassurer les vivants, pour rester complice des frasques de la fiction, pour nouer ce que j’ai appris à ce que j’ai peut-être réussi à enseigner, pour savoir (lieu commun) ce que je ne savais pas que j’allais écrire, pour dénuder le visible et caresser l’invisible, pour avoir des enfants avec les mots.
Et c’est très simplement pour t’écrire ce que je n’arrive pas à te dire.”
(éditions Actes Sud, 15 euros)

Sgowefygtom ! Sgowefygtom !

Jean-François Bory

“Dans ce nouveau livre, Jean-François Bory se livre à une interrogation sur les commencements et les fins dernières de l’écriture.”
(éditions Al Dante, 18 euros ; voir extrait)

Quelle est ma couleur ?



Antoine Guilloppé, Géraldine Alibeu

“Un petit garçon arabe s’interroge sur la façon dont il est perçu par son entourage.
A la question “Qui suis-je ?”, la réponse de la couleur est-elle suffisante ?”
(éditions La joie de lire, 11,90 euros)

Les désordres de la bibliothèque

Muriel Pic

“Les désordres de la bibliothèque présente un ensemble de photomontages manuels de bibliothèques privées et publiques. Il est accompagné d’un préliminaire de Christian Prigent et d’un essai sur la première photographie publiée de bibliothèque réalisée par W.H.F. Talbot en 1844. Quel est le sens d’une image de bibliothèque sinon d’être le portrait intime d’un lecteur et la cartographie de ses divagations ? À l’ère du numérique et à l’encontre d’une vision académique de la lecture, l’ouvrage demande : qu’est-ce que lire aujourd’hui ?”
(éditions Filigranes, 25 euros)

La Corée dans ses fables

Patrick Maurus
“Comment parler d’un autre pays ? A moins de se laisser aller à ses impressions ou à répéter ce qu’on aura entendu sur place ou lu dans un journal, la question n’est pas simple.
S’astreindre des années à en étudier la langue, l’histoire, la littérature ou autre est un bon viatique mais ne vaccine pas contre l’opinion, l’idée toute faite, le logocentrisme. La méthode ici choisie, la sociocritique, se propose de ne foncier la réflexion que sur ce que les Coréens disent d’eux-mêmes, sans considérer a priori que ces Coréens existeraient ou seraient dotés d’une spécificité évidente.
Il s’agit donc de prendre au sérieux et même au pied de la lettre ce que la Corée, les Corées disent d’elles-mêmes, et surtout le discours de victimisation qu’elles partagent. Ainsi, tous les lieux communs, miracle, nationalisme, sont-ils remis en perspective, en particulier avec le social-darwinisme. Car ce que dit de lui un pays n’est ni vrai ni faux mais forme l’ensemble de ses représentations identitaires.
Ce qu’on appelle ici des fables. Analysables à la condition de toujours se rappeler qu’elles sont vues, d’ici, à partir d’autres représentations.”
(Actes sud, 20 euros)

Diapason

Laetitia Devernay

“Une ode à la musique. Album sans texte, ce sont les notes qui ont la parole, plus exactement les feuilles, métaphores des notes, qu’un petit chef d’orchestre solitaire conduit de sa baguette. Ainsi les feuilles des arbres prennent-elles leur envol et s’organisent en nouveaux paysages.

Tout se met à bouger. Succession de rythmes, de mouvements, ce livre est une proposition cinématographique, bien qu’immobile, d’un silence sonore ! Ce paradoxe est illlustré à l’encre de Chine et imprimé en 3 couleurs pantone aux nuances délicates.”
(éditions La Joie de lire, 23 euros)

Bonsoir Portemanteau

Aurélie Guillerey

“Un portemanteau s’anime…
Dépouillé d’abord tel un vieil arbre déplumé d’automne, il prend vie au fil des pages, se couvre de vêtements de formes et de couleurs variées. Le regard du lecteur devient celui de l’enfant qui voit des formes fantomatiques, parfois drôles, inquiétantes souvent. Un premier livre épuré, aux coloris frais.”
(éditions JBz & Cie, 12,50 euros)

Le maître des estampes

Thierry Dedieu

“Cette fois Dedieu nous dit, sur le ton de la fable, le long travail silencieux de l’artiste qui vise à la perfection du trait.
Sous une même couverture, le récit de l’affrontement, très théâtralisé, du Maître des estampes et du riche mandarin, suivi d’un extrait de son carnet de croquis.”
(éditions Seuil, 16 euros)

Œuvres

Ingeborg Bachmann

“Romans, nouvelles, réflexions, ce volume réunit toute la prose d’Ingeborg Bachmann indisponible depuis trop longtemps : Lettres à Félician, Le Passeur ; La Trentième année ; Trois sentiers vers le lac ; Franza ; Requiem pour Fanny Goldmann ; Berlin, un lieu de hasards ; Ce que j’ai vu et entendu à Rome ; Le bon dieu de Manhattan et Leçons de Francfort.”
(éditions Actes sud, 29,80 euros)

Lire entre les lignes

Jean-François Gilmont

“Un geste simple, ouvrir un livre ? Entre les lignes, et entre les pages, se cache l’histoire de notre rapport à la lecture ? Il ne suffit pas de lire les livres, il faut les regarder ? Tout fait sens à qui les examine mieux : le dessin de la lettre, la mise en page, l’agencement des paragraphes,… nous apprennent comment nous lisons, comment cette lecture s’est transformée au fil des siècles et comment les techniques d’impressions ont influencé le livre et le lecteur.
En passant de l’écriture à l’ère électronique par : la naissance du livre, les supports de la lecture, l’imprimerie, la révolution de la mécanisation, les relations entre auteurs et éditeurs, le monde de la presse,… Lire entre les lignes nous guide dans ce plaisir qui s’est sans cesse renouvelé : la lecture. Les reproductions de peintures ou gravures qui l’illustre nous emmène dans l’intimité du lecteur.”
(éditions Esperluete, 13 euros)

Le Murmonde

Serge Kribus
Illustrations : Alfred

“Mesdames, messieurs.
chers vieux” : bienvenue dans la chambre de Maurice, dit Momo dix ans. Momo confie à un auditoire imaginaire ses joies, ses révoltes, ses interrogations. parle de l’école, des Indiens, de la liberté, des filles et des adultes. Le conférencier n’a pas prévu l’exaspération de son père. Mais ne faut-il pas quelques épreuves pour ‘se virevolter comme Cochise’ ?”
(éditions Heyoka, 10,50 euros)

Un été outremer

Anne Vantal

“Enfant adopté, Félicien décide d’apprendre la vérité sur ses origines le jour de ses dix-huit ans: il est né à Alger, il est arabe. Il décide de partir en Algérie à la recherche de sa mère biologique. Son enquête et sa quête personnelle le conduira jusque dans un petit village de Kabylie.”
(éditions Actes sud junior, 10 euros)

3 JUILLET

JE SUIS UN GARÇON COMME LES AUTRES. J’ai grandi sans histoires. Rien à signaler. À huit ans, comme tous mes copains, je rêvais de devenir pirate. Grimpé sur l’échelle de mon lit en mezzanine, je jouais les vigies pendant des heures devant l’océan déchaîné de la moquette bleue de ma chambre. Un peu plus tard, j’ai compris que les pirates d’aujourd’hui s’apparentaient davantage à des narcotrafiquants, et j’ai renoncé pour toujours à me lancer dans la grande aventure des corsaires.
Du coup, je n’avais plus la moindre idée concernant mon avenir. J’ai fréquenté le collège, puis le lycée, sans trop d’états d’âme : je n’étais ni plus ni moins doué qu’un autre, cela suffisait. Mes parents m’ont laissé tranquille. J’ai préparé un bac scientifique sans angoisse et sans allégresse.
J’ai toujours su que j’étais un enfant adopté. En famille, on n’en a jamais fait mystère. Mes parents ont pieusement conservé les premières photos, celles de mon arrivée dans leur foyer. J’avais trois mois. Sur les clichés, on voit un bébé ordinaire dans les bras d’adultes ravis. Rien que du très normal. À ma naissance, j’avais été prénommé Sylvain par le médecin de service, qui s’était contenté de regarder un calendrier pour choisir. Je suis né le 4 mai, jour de la saint Sylvain : j’étais tombé sur un médecin sans imagination. En m’adoptant, mes parents m’ont rebaptisé Félicien. Ils trouvaient ça plus joli. Plus chic aussi. Félicien Desjonquères, ça sonne bien, non ? Et puis c’est de tradition dans la famille : mon grand-père s’appelle Félix.

Page noire

Frank Giroud
Denis Lapière , Ralph Meyer , Caroline Delabie (Coloriste)

“New York de nos jours. Il s’appelle Carson Mc Neal. C’est un phénomène de l’édition. Écrivain immensément talentueux, il est l’auteur de best-sellers traduits dans le monde entier et adaptés au cinéma. Pourtant, personne ne sait vraiment qui il est. Sa vie est un mystère. Il n’a jamais accordé d’interview, n’est jamais paru en public, aucune photo de lui n’existe…
Elle s’appelle Kerry Stevens. Cette jeune blondinette à taches de rousseur est critique littéraire pour le réputé Tales & Writers. Elle n’a qu’une idée en tête, être la première à percer le mystère McNeal. Elle est prête à tout pour le rencontrer, l’interroger sur son prochain roman. Justement, McNeal y travaille. Son héroïne est Afia, une jeune Palestinienne cherchant à renouer les fils de sa pauvre existence qui, de la prostitution à l’enfer de la drogue, l’a menée en prison, dont elle sort aujourd’hui avec rien ni personne pour l’attendre. Enfant, elle a perdu toute sa famille, massacrée par les Phalangistes au Liban. Elle est la seule à avoir survécu. Depuis, plongée dans le trou noir de sa mémoire, incapable de se souvenir de ce qui s’est réellement passé ce jour tragique, elle est hantée par de terribles cauchemars récurrents et ne parvient pas à se détacher de ce terrible passé.”
(éditions Futuropolis, 18 euros)

L’Homme de mes rêves

Nadja

“Grande lectrice de romans noirs, Nadja s’est aperçue, en compulsant les volumes de la collection Paul, que cette dernière, terre d’accueil chez Cornélius des bandes dessinées de genre, n’avait pas encore offert sa place au polar. Rassemblant ses tubes de gouache, elle a entrepris de réparer cet oubli et livre avec L’homme de mes rêves un suspens psychologique dans lequel la violence n’a pas besoin de coups de feu pour développer sa force de destruction.
Kate, jeune femme fragilisée par une rupture, tombe dans les griffes d’un prédateur ordinaire. Par petites touches, il la dépouille de son amour-propre et de ses sensations pour la transformer en marionette. Un sursaut permet à Kate de fuir droit devant elle. La nuit efface tout et le matin se charge de toutes les promesses du renouveau. Mais le cauchemar a-t’il réellement pris fin ?
S’appuyant sur une palette de gris profonds que la peau, la bouche et les souliers de l’héroîne viennent éclairer, Nadja construit une ambiance proche du fantastique et signe avec L’homme de mes rêves une histoire d’aliénation poignante qui ne choisit jamais de trancher entre rêve et réalité, affirmant ainsi que les songes ont parfois autant de réalité que la vie elle-même.”
(éditions Cornélius, 19 euros)

Le lutin de l’univers

Chiara Carrer

“Balade poétique parmi les formes et les matières. Une boule peut être mouton, pelote de laine, pierre qui vole ou nid douillet. Réflexion sur le pluriel et le singulier : les flocons se ressemblent tous mais de plus près, chacun est différent. Il suffit de savoir regarder, avec un œil poétique ou un regard d’enfant.”

(La Joie de lire, 16 euros)

Songeant à mon père

Lianke Yan

“Je me suis assis pour écrire et je peux, à travers la vie et la mort de mon père, comprendre le monde, regarder en face ce qu’il y a de bon et de mauvais en moi, regarder en face la vie et la mort, la décadence et la prospérité de toutes choses, l’eau tarie du fleuve, les feuilles mortes, regarder en face, à travers ma propre vie, la disparition et la renaissance, la renaissance et la disparition de tout ce qui vit.” (éditions Philippe Picquier, 14,50 euros)

Le plus important, c’est que ce vélo combla le besoin de vanité dont j’avais alors besoin, qu’il me permit de goûter à la beauté de la vie, d’avoir pleine confiance en l’avenir, de sentir que toutes les épreuves pouvaient être broyées sous ses roues ; il n’y avait rien de terrible en ce monde : il suffisait de donner un coup de pédale et aucun fleuve n’était infranchissable ; l’important était, en toute circonstance et quel que soit le moment, d’être prêt à pédaler.

Lire aussi :


“Une terrible sécheresse contraint la population d’un petit village de montagne à fuir vers des contrées plus clémentes. Incapable de marcher des jours durant, un vieil homme demeure, en compagnie d’un chien aveugle, à veiller sur un unique pied de maïs. Dès lors, pour l’aïeul comme pour la bête, chaque jour vécu sera une victoire sur la mort.
Ce livre est d’une force et d’une beauté à la mesure du paysage aride, de cette plaine couronnée de montagnes dénudées où flamboie un soleil omniprésent. Le roman de Yan Lianke est un hymne à la vie. La fragilité et la puissance de la vie, et la volonté obstinée de l’homme de la faire germer, de l’entretenir, d’en assurer la transmission. C’est un acte de foi, aux confins du conte et du chant, à la langue entêtante, comme jaillie de la nuit des temps ou des profondeurs les plus intimes de l’être.” (éditions Philippe Picquier, 13 euros)

Woo-lee et moi

Sim Heung-Ah

“Woo-lee et moi est une fiction basée sur ma propre expérience.
J’ai moi-même vécu dans un temple bouddhiste lorsque j’étais étudiante. J’habitais à l’époque avec mon père qui avait déjà plus de soixante-dix ans et ma soeur aînée qui a cinq ans de plus que mol. Depuis longtemps je n’habitais plus avec ma mère, qui était devenue bonzesse durant mon enfance. Je vivais une vie normale au sein d’une famille qui n’était pas tout à fait normale. La réalité est bien différente de celle qu’on nous présente dans les manuels scolaires, une famille heureuse composée d’un père, d’une mère, de leurs enfants vivant ensemble dans une maison à deux étages avec jardin.
A observer la vie des autres, je constate que chacun a son lot de problèmes et de chagrin. Les gens vivent des situations parfois inhabituelles, mais réagissent comme si tout cela était normal.”
Sim Heung-ah, Décembre 2007
(éditions Atrabile, 16 euros)

Flush

Virginia Woolf

“Écrit en 1932, ce livre pétillant d’esprit fut en Angleterre le best-seller de Virginia Woolf. Biographie imaginaire, parodique et teintée d’humour de l’épagneul cocker de la poétesse Elizabeth Barrett Browning, Flush est une œuvre originale d’un grand modernisme. S’appuyant sur les poèmes qu’Elizabeth a écrit sur son chien et sur la correspondance publiée des Browning, Virginia Woolf retrace la vie de Flush : sa jeunesse à la campagne avec Mary Russell Mitford ; son adoption en 1842 par Miss Barrett – atteinte d’une maladie mystérieuse qui l’oblige à rester alitée, prisonnière d’un père tyrannique – dont il partage la vie de recluse à Wimpole Street ; sa découverte de Londres où il est victime d’un enlèvement ; sa rencontre avec Robert Browning qu’il voit longtemps comme un rival ; sa fuite vers l’Italie avec la fidèle femme de chambre Lily Wilson après le mariage secret de sa maîtresse ; sa jalousie à la naissance de Pen ; enfin, sa vie paisible à Pise puis à Florence où Elizabeth a recouvré sa santé et sa liberté, et où Flush finit ses jours, heureux et libre lui aussi, au cœur des collines toscanes.
Au contact d’Elizabeth, Flush observe et raconte, tantôt espiègle, tantôt jaloux, à la fois tendre et attentif. Ils partagent leurs émotions, leurs pensées et surtout ce que la vie recèle de poésie – les odeurs sont pour Flush ce que les mots sont pour Elizabeth. Biographie de la vie d’un chien, Flush est aussi une minutieuse reconstitution de la vie d’Elizabeth Barrett durant les années les plus sombres et les plus belles de son existence qui donnèrent naissance aux inoubliables Sonnets portugais. Elizabeth pourrait bien être ici la figure plus générale de la femme écrivain, voire de Virginia Woolf elle-même qui fut également victime des agissements tyranniques d’un père, d’une maladie mystérieuse, d’une quête désespéreée du bonheur…
À travers le regard de Flush, Woolf reprend donc les thèmes qui lui sont chers, esquissant une critique de la société victorienne et de la vie citadine, des codes qui la régissent et des conflits de classes qui l’empoisonnent, dénonçant l’oppression et la tyrannie des hommes dont les femmes peinent à se libérer. Mais surtout, et c’est sans doute sa plus belle réussite, Woolf révèle ici la richesse du flux de la vie intérieure et des instants fugitifs qui la traversent.”
(éditions Le Bruit du temps, 15 euros)

Béatrice Fontanel
Céline Caneparo

“Toutes les petites filles, tous les garçons et même certains adultes savent bien que parfois un monstre habite au coin d’une armoire, derrière un rideau ou encore sous le lit de leur chambre.
Avec des poils repoussants ou des dents pointus, tout dur ou tout gluant, à chacun son monstre… Celui là plein de ventouses a des tentacules mous qui envahissent comme autant d’idées noires la chambre d’une jolie peureuse en chaussettes.
Mais souvent il suffit de donner un nom à sa peur pour l’apprivoiser.
Le monstre serait donc une pieuvre géante ! Et bien pourquoi pas ? Tous ses bras peuvent au moins servir à chatouiller, à câliner, à jouer et qui sait, elle peut être aussi bien utile pour endosser quelques bêtises…
Un album pour apprendre à apprivoiser ses angoisses nocturnes, voire même réussir à en rire et à s’en amuser.
Un album à lire le soir pour être sûr de s’endormir en toute sérénité.”

Extrait :
« Pendant longtemps je me suis demandée qui vivait sous mon lit. Surtout juste avant de dormir. Il y avait quelqu’un ou quelque chose caché-là.
Et je ne savais pas quoi.
La journée, j’avais le courage d’aller voir de plus près.
Mais je trouvais seulement de vieilles chaussettes ou des moutons de poussière… »

(éditions Naïve, 14,28 euros)

Jo singe garçon

Beatrice Alemagna

“D’album en album, Beatrice Alemagna crée un univers, texte et image, où se raconte l’enfance, ses désarrois comme ses bonheurs. Le regard toujours étonné, prêt à capter les petites choses de la vie, l’artiste raconte des histoires à contretemps, à contre-courant. A chacun de s’en emparer, de se laisser bousculer, et finalement réconforter. Son nouveau personnage, Jo, est un garçon pas vraiment comme les autres. Ou, du moins, c’est ce qu’il croit ? Enervé contre lui-même, car il ne s’aime pas beaucoup, tiraillé entre la réalité et les apparences, il se cherche une identité, hésite entre le « qui suis-je ? » et le « qui pourrais-je être ? ». Sur un coup de tête, il quitte papa-maman et croit trouver une famille qui lui ressemble. Mais rien n’est aussi simple. Cette aventure hors du cocon, avec d’autres qui lui ressemblent mais pas vraiment, le fera grandir, s’accepter. Beatrice Alemagna, confiante dans l’intelligence des enfants, n’a pas peur des mots. Elle dit l’affolement, la résignation, l’espoir. Ses images – crayon, feutre, collage – enrichissent le texte et lui donnent de l’envolée. Comme un grand bol d’air.”
(éditions Autrement, 18 euros)

Quand je suis né

Isabel Minhós Martins
Madalena Matoso (illustrations)

“Le rouge d’une cerise, le chant des vagues, les parfums de la forêt, la douceur du sable ou de la peau: chaque chose, pour le nouveau-né, est un univers qui s’ouvre devant lui avec force et beauté. Quand je suis né retrace le parcours de découverte du monde accompli par un enfant dès le jour de sa naissance. C’est lui-même qui nous parle, car il est en âge d’ «appeler les choses par leur nom», d’exprimer par la parole la joie incomparable qu’il ressent à évoluer dans son environnement, guidé par ses cinq sens. Toute la variété du monde est ainsi évoquée à travers le point de vue émerveillé de l’enfant, dont la sensibilité et la curiosité communicatives laissent présager la richesse des expériences à venir. Ce livre célèbre la vie, la magie du corps et des sensations, le bonheur de se développer dans le temps et dans l’espace, le don qui est fait à l’homme de donner du sens à sa présence dans le monde.”
(éditions Notari, 13 euros)

Saul Steinberg. L’écriture visuelle

Sous la direction de Thérèse Willer
et Bénédicte Mathey. Contributions
de Philippe Dagen, Bénédicte Mathey,
Daniela Roman, Jean-Philippe Theyskens,
Iain Topliss, Thérèse Willer.

“Plus d’une centaine de travaux sur papier de Saul Steinberg provenant de collections publiques et privées européennes.
Alors que sa collaboration durant 50 ans avec le New Yorker a contribué pour une bonne part à sa renommée, Saul Steinberg sut aussi s’inscrire dans le contexte artistique de son époque : c’est ainsi qu’il fut exposé au MoMA dès 1946 aux côtés des représentants de l’avant-garde américaine.
Son oeuvre est riche d’expressions graphiques et plastiques diverses – dessins, assemblages, toiles, oeuvres murales, publicités, entre autres.

Elle explore de nombreuses thématiques, au premier rang desquelles figurent l’Amérique et New York, symbolisant pour l’artiste – qui est avant tout un observateur critique de son temps – la vanité du monde.
Le livre met l’accent sur la diversité stylistique de son oeuvre : la transposition de l’idée à sa représentation grâce à la ligne, épurée et concise, qui s’enrichit, de tampons, d’empreintes, de matières.”
(éditions des Musées de Strasbourg, 35 euros)

Rosaura

Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna

Prologue & entretien : Myriam Blœdé et Irène Filiberti
Photographies : Brigitte Eymann
Choréologie : Natalia Naidich

“Duo de « théâtre dansé », Rosaura (2002) marque un aboutissement dans l’élaboration du langage scénique de Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna. Un tissage de genres et de styles qui fait intervenir sans hiérarchie théâtre, image, musique et mouvement dansé et se prolonge dans le multilinguisme qui les caractérise : le passage, sans transition et sur une même portée musicale, du castillan au français ou au catalan. D’où leur désir d’en faire un livre, c’est-à-dire d’y revenir tout en explorant un médium différent.
Aborder Rosaura dans cette perspective, c’est donner la priorité aux écritures. En effet, au texte de la pièce, s’ajoutent des fragments de la chorégraphie. La partition réalisée pour cette publication en notation Benesh par Natalia Naidich apporte des indications sur la physicalité du mouvement et la tension entre les corps, le texte, l’espace. Les photographies de Brigitte Eymann font valoir la qualité picturale et plastique du spectacle. Enfin, dans un entretien, les deux artistes reviennent sur le processus de travail et la dramaturgie.
Pensé comme un « objet de transmission », ce livre amorce d’autres pistes de lecture et d’interprétation, y compris pour la scène.”
(éditions L’Œil d’or, 14 euros)

L’amour t’attend

Fabian Negrin

“Un livre illustré qui se déplie sur trois mètres, un grand «leporello». La lecture horizontale dévoile peu à peu, des pieds à la tête, le corps nu d’un garçon, puis, en position symétrique, celui d’une jeune fille, également nue. Ils semblent nager l’un vers l’autre, on sent le frémissement de leurs corps qui s’attirent, de leurs mains et de leurs bouches prêtes à s’unir. C’est la force de la sensualité, des impulsions données aux êtres et aux mouvements de leurs membres par l’attrait irrésistible de leurs sexes qui est montrée ici, en toute simplicité. Des couleurs vives et tendres, un dessin ferme et souple, forment le berceau de cette rencontre toute empreinte de pudeur dans la ferveur amoureuse. Ce grand tableau allongé est rythmé par un poème dont les morceaux se nichent dans diverses parties charnues des corps en émoi: épaules, cuisses, seins, mollets, fesses…, ce qui enrichit la lecture d’une jubilatoire impression d’explorer les lieux propices aux jeux érotiques. On comprend par cet ouvrage qu’une œuvre construite sur une interaction intime entre poésie et peinture se présente comme un véritable corps, et que la lecture peut devenir elle-même un acte d’amour.
Conçu par Fabian Negrin pour des lecteurs atteignant l’âge de s’éveiller aux joies de la rencontre avec l’autre, L’amour t’attend est un livre-objet qui saura trouver sa place autant dans un espace «jeune» que dans un espace «adulte» où les souvenirs des premiers ébats n’ont rien perdu de leur fraîcheur.”
(éditions Notari, 17 euros)

Lemon ink

Rebekka Baumann

“Le récit s’ouvre sur un huis clos.
Le personnage principal, chez elle, reçoit un colis vide. Mise en abîme de son propre rapport à l’espace qui l’entoure, ce colis ouvre le récit sur un instant, celui où, fouillant les angles vides d’une « réalité boiteuse », elle décide de rompre son isolement pour se mettre alors en quête d’un autre rapport au monde, symbolisé par le jaune. Les stratégies qu’elle élabore alors pour permettre au monde, à l’extérieur, de parvenir à l’intérieur, l’enferment peu à peu…
Le récit se construit en alternance de deux rythmes. Jeu d’oppositions d’une couleur chaude travaillée en matière, zébrures de lumière qui envahissent sporadiquement les pages, et d’un dessin plus austère, sobre, contemporain, LEMON INK narre l’instant fragile d’une lutte entre deux émotions contradictoires, où l’abattement et le repli sur soi le disputent à la volonté d’avancer.

La même alternance de deux rythmes est présente dans le texte, sous deux formes : d’une part une écriture manuscrite, se déployant dans la page, est la voix du récit à la première personne. De l’autre, une écriture typographique, en bas de page, faite de courtes phrases arides et descriptive, structuré comme une poésie libre.
LEMON INK est une nouvelle, un récit où les jeux graphiques évoquent un rapport délicat aux sentiments de lassitudes et de fébrilité. Évitant de s’y enfermer avec complaisance, l’auteur en joue et les mets en scène avec légèreté dans de grandes compositions aérées, confessant ses malaises avec une forme d’élégance retenue, par petites touches.

Le lecteur qui se promène entre ces lignes et ces esquisses découvre une saveur acidulée et discrète, une forme de générosité contenue qui fait tout le charme de ce livre.”

(éditions la cinquième couche, 16,00 €)

21 irréductibles

Raphaël Sorin

“Raphaël Sorin nous offre vingt et un entretiens avec des écrivains dont il a croisé le chemin, vingt et un « irréductibles » qui se nomment Marc Bernard, Henri Pollès, Henri Thomas, André Fraigneau, Louis Calaferte, Marcel Mariën, Béatrice Appia (sur Eugène Dabit), Edmond Jabès, Georges Schehadé, Georges Simenon, Michel Ohl, Julien Green, Gérard Macé, Roland Dumas (sur Roger Gilbert-Lecomte), Ghérasim Luca, Jean Hugo, Christian Guillet, Bernard Frank, André Pieyre de Mandiargues, Yves Martin et Elias Canetti.
Une douzaine photos ou fac-similés illustrent l’ouvrage.”
Critique et éditeur depuis plus de quarante ans, Raphaël Sorin est aujourd’hui conseiller littéraire chez Libella.
(éditions Finitudes, 16 euros)

A découvrir aussi, le premier volume Produits d’entretiens :

“Trente ans d’édition et de journalisme littéraire, cela représente quelques rencontres, quelques interviews d’écrivains, quelques portraits complaisants ou assassins. En trente ans Raphaël Sorin a aussi appris combien il fallait être vigilant avec cette postérité à la mémoire si courte. “Pour mémoire” il a choisi de publier ses entretiens et ses portraits de quelques auteurs qu’il faudrait penser à ne pas oublier : Pierre Bettencourt, Louis Scutenaire, Henri Calet, Jean Forton, Jean-Pierre Enard, Norge, quelques membres du Grand Jeu (Ribemont-Dessaignes, Sima, Minet, Harfaux), Bounoure, etc.
En nous parlant de ses auteurs, de sa bibliothèque, Raphaël Sorin nous parle aussi de lui, de son enfance, de son parcours, de ses amitiés ; il le fait avec autant d’humour que de sensibilité.”

Koré-No, l’enfant hirondelle

Anne Mulpas et Émilie Vast

“Koré-No est un orphelin, seul dans un monde immense. Mais Koré-No est aussi un rêveur, à la fois fragile et résistant. à travers son regard, la nature se transforme progressivement pour recomposer autour de lui un univers plus humain. Koré-No est inspiré par le sort des orphelins coréens, mais au-delà, ce livre est pour tous les enfants dont la nuit est peuplée d’ombres. C’est miss Nocti qui le dit : la nuit est un poème qui protège les petits.”
(éditions MéMo, 15 euros)

L’Etincelle

Park Tae-ok
Choi Ho-cheol

“Au milieu des années 1960, la Corée du sud connut une période d’industrialisation rapide basée sur une politique de bas salaires et de suppression d’emplois. À cette époque, Jeon Tae-il, jeune ouvrier d’une usine textile, s’immola par le feu, brûlant avec lui le livre du droit du travail, pour protester contre l’absence d’une telle législation dans son pays. Ce suicide a été à l’origine de l’essor du mouvement ouvrier et a forcé les intellectuels à réfléchir sur la valeur de la vie.

En cinq volumes, L’Étincelle retrace, l’enfance, la jeunesse et le parcours d’un garçon dont le destin et la fin tragique ont marqué à jamais l’histoire de son pays. Tae-il, aîné des quatre enfants, va devoir grandir vite, trop vite, abandonnant sa scolarité pour subvenir aux besoins de sa famille. Enfant plein de vitalité, fils aimant, frère prévenant, ouvrier sérieux, Tae-il n’est pas sans nous rappeler Gen Nakaoka, le jeune héros de Gen d’Hiroshima. L’Étincelle, nous fait découvrir un pan d’histoire contemporaine : celle de la Corée du sud des années 1960.”
(éditions Vertige Graphic, 24,00 €)

Le bébé et l’agneau

Gustavo Martin Garzo
Elena Odriozola

“Souvent, les mamans perdent leur sac à main, leur téléphone portable ou même la tête, mais rarement leur bébé…Un matin comme les autres, pourtant, deux mamans ont égaré leur petit. Une maman humaine et une maman brebis. Et losqu’elles sont parties à leur recherche, c’est le bébé de l’autre que chacune à trouvé !”
(éditions Syros, 14,20 euros)

Le Chant de la fidèle Chunhyang

Anonyme

“Yi Mongnyong, le fils du gouverneur de Namwon, s’éprend de Chunhyang, fille unique d’une ancienne courtisane. Ils ont tous deux seize ans. Malgré la différence de classe sociale, ils se marient à l’insu de tous, et se jurent fidélité. Ils sont bientôt contraints de se séparer car le gouverneur est appelé à de nouvelles fonctions à la capitale, où Mongnyong doit poursuivre ses études.
Un nouveau gouverneur arrive à Namwon. C’est un homme autoritaire et cruel. Il a entendu parler de Chunhyang, dont la beauté est connue dans toute la province, et exige qu’elle se mette à son service. Fidèle à son serment, elle refuse de se soumettre, même après avoir été battue et emprisonnée. Pendant ce temps-là, Mongnyong réussit le concours de recrutement des hauts fonctionnaires. Chargé par le roi d’une mission d’inspection, il sillonne la province déguisé en mendiant pour débusquer les mauvais serviteurs de l’État. Arrivé à Namwon, il révèle son identité, chasse l’ignoble gouverneur et délivre sa fidèle épouse.”
(éditions Zulma, 16,50 euros)

L’ébranlement

Jong N. Woo

« Jong N. Woo, née à Séoul, écrit directement en français. Aucune allusion dans ses poèmes à une culture lointaine, mais ils nous apportent une vision de l’alternance qui fait mouvoir le monde. Ils sont accompagnés de dessins d’Alexandre Hollan, placés en vis-à-vis, dans un accord parfait. »
(éditions Jacques Brémond, 20 euros)

Campo di baba – Champs de beignets

Amanda Vähämäki

“Une histoire douce-amère qui touche au plus profond, par la jeune révélation finlandaise Amanda Vähämäki. Toute en retenue, elle signe ici un premier livre d’une force surprenante. Avec simplicité et évidence, elle nous emporte dans un délicat voyage, un récit sur la nostalgie et la perte de l’innocence.

Au sortir d’un rêve agité, une fillette aux allures de garçon trouve parmi ses amis une étrange créature qui prend son petit déjeuner. Une journée particulière commence. Elle reçoit la visite d’un ours qui l’emmène en ville en voiture. Animaux fantastiques ou domestiques, adultes inquiétants vont peupler un parcours initiatique en équilibre instable entre rêve et cauchemar. Une succession de rencontres troublantes où on ne perd pourtant pas ses repères. L’émotion, comme une fragile embarcation, sert de fil directeur. Jusqu’à ce champ fantastique où des beignets vivants poussent comme des pommes de terre…”
(éditions Frémok, 14 euros)

Le Chemin étroit vers les contrées du Nord

Bashô
Traduction française de Nicolas Bouvier
Présentation d’Alexandre Chollier

“Le Chemin étroit vers le contrées du Nord, traduit par Nicolas Bouvier, a paru initialement aux éditions de l’Office du livre (Fribourg) en 1976. La préparation de cette nouvelle édition et l’écriture des textes qui l’accompagnent ont été réalisées suite à des recherches aux archives de Nicolas Bouvier déposées à la Bibliothèque publique et universitaire de Genève.”
(éditions Héros limite, 24 euros)

Tandis que nous reposions au creux d’un rocher, j’eus l’oeil tiré par un petit cerisier, à quelques pieds de nous, qui commençait juste à fleurir. Penser que ce gringalet qui passe tout l’hiver sous la neige n’oublie pas de fleurir quand le printemps atteint ses hautes pentes ! Insolemment poussé là, comme l’image inversée du kaon zen “frêles fleurs de prunier sous les feux du soleil”, cet arbrisseau me rappelait la strophe de Gyôson :

Petit cerisier sauvage
moi seul l’aime et lui seul
il en fait autant !

La vie rêvée des plantes

Lee Seung-U

“Contraint d’espionner sa propre mère pour un mystérieux commanditaire, Kihyon est confronté à d’obscurs secrets de famille. Par tous les moyens, il tente de réparer les blessures du passé, entre une mère au comportement étrange, un père réfugié dans la culture des plantes et un grand frère adoré et haï, amputé des deux jambes à l’armée. La folle passion de Kihyon pour l’ancienne petite amie de son frère n’arrange en rien la situation.
Dès lors, sa confession, lourde de silence et de résignation, de culpabilité et d’espoir insensé, nous plonge dans les formes les plus crues et les plus élevées de l’amour. Comme dans le jeune cinéma coréen, l’audace narrative l’emporte ; on est pris à la gorge.”
(éditions Zulma, 18,50 euros)

Noir / Voir

François David

“Un livre différent et qui évoque les différences, y compris celles face à la chance dont nous avons pas toujours conscience autant que nous le pourrions…
Il le fait de façon positive, d’abord parmi les grands rires partagés d’un jeu dans l’obscurité, ensuite dans la surprise d’un renversement, puis du renversement de ce renversement.
Il s’adresse à tous, réellement, sans exclusive. Dans ce refus de l’exclusion réside peut-être l’une des clefs de cet ouvrage qui porte à l’ouverture.”
(éditions møtus , 11 euros)

L’Oiseau

Oh Jung-hi

“Une petite fille raconte. La mère est morte. Le père est au loin, sur des chantiers. Elle s’occupe de son jeune frère, Uil. Une jeune marâtre sortie d’un bordel ne fait qu’un bref passage, vite chassée par la violence conjugale. Les enfants, peu à peu, se retrouvent seuls. Sous les regards compatissants mais aveugles ou impuissants d’un voisinage misérable et d’une société brisée, la fillette, peu à peu, reproduit sur le petit garçon la violence du père sur la figure maternelle. Le monde tendre de l’enfance est inexorablement fissuré, l’humanité pulvérisée laisse apparaître l’abîme côtoyé par l’enfant en chacun de nous.”
(éditions Seuil, 18 euros)

Oreiller d’herbes

Natsume Sôseki

« Oreiller d’herbes est singulier par son écriture, impressionniste, poétique, et par son projet même. Un peintre se retire dans une auberge de montagne pour peindre et réfléchir sur son art, sur l’acte de création. L’atmosphère subtile et poétique d’ Oreiller d’herbes est admirablement rendue par les traducteurs. » ( Philippe Pons, Le Monde)
(éditions Rivages, 7,50 euros)

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