Page noire

Frank Giroud
Denis Lapière , Ralph Meyer , Caroline Delabie (Coloriste)

“New York de nos jours. Il s’appelle Carson Mc Neal. C’est un phénomène de l’édition. Écrivain immensément talentueux, il est l’auteur de best-sellers traduits dans le monde entier et adaptés au cinéma. Pourtant, personne ne sait vraiment qui il est. Sa vie est un mystère. Il n’a jamais accordé d’interview, n’est jamais paru en public, aucune photo de lui n’existe…
Elle s’appelle Kerry Stevens. Cette jeune blondinette à taches de rousseur est critique littéraire pour le réputé Tales & Writers. Elle n’a qu’une idée en tête, être la première à percer le mystère McNeal. Elle est prête à tout pour le rencontrer, l’interroger sur son prochain roman. Justement, McNeal y travaille. Son héroïne est Afia, une jeune Palestinienne cherchant à renouer les fils de sa pauvre existence qui, de la prostitution à l’enfer de la drogue, l’a menée en prison, dont elle sort aujourd’hui avec rien ni personne pour l’attendre. Enfant, elle a perdu toute sa famille, massacrée par les Phalangistes au Liban. Elle est la seule à avoir survécu. Depuis, plongée dans le trou noir de sa mémoire, incapable de se souvenir de ce qui s’est réellement passé ce jour tragique, elle est hantée par de terribles cauchemars récurrents et ne parvient pas à se détacher de ce terrible passé.”
(éditions Futuropolis, 18 euros)

L’Homme de mes rêves

Nadja

“Grande lectrice de romans noirs, Nadja s’est aperçue, en compulsant les volumes de la collection Paul, que cette dernière, terre d’accueil chez Cornélius des bandes dessinées de genre, n’avait pas encore offert sa place au polar. Rassemblant ses tubes de gouache, elle a entrepris de réparer cet oubli et livre avec L’homme de mes rêves un suspens psychologique dans lequel la violence n’a pas besoin de coups de feu pour développer sa force de destruction.
Kate, jeune femme fragilisée par une rupture, tombe dans les griffes d’un prédateur ordinaire. Par petites touches, il la dépouille de son amour-propre et de ses sensations pour la transformer en marionette. Un sursaut permet à Kate de fuir droit devant elle. La nuit efface tout et le matin se charge de toutes les promesses du renouveau. Mais le cauchemar a-t’il réellement pris fin ?
S’appuyant sur une palette de gris profonds que la peau, la bouche et les souliers de l’héroîne viennent éclairer, Nadja construit une ambiance proche du fantastique et signe avec L’homme de mes rêves une histoire d’aliénation poignante qui ne choisit jamais de trancher entre rêve et réalité, affirmant ainsi que les songes ont parfois autant de réalité que la vie elle-même.”
(éditions Cornélius, 19 euros)

Woo-lee et moi

Sim Heung-Ah

“Woo-lee et moi est une fiction basée sur ma propre expérience.
J’ai moi-même vécu dans un temple bouddhiste lorsque j’étais étudiante. J’habitais à l’époque avec mon père qui avait déjà plus de soixante-dix ans et ma soeur aînée qui a cinq ans de plus que mol. Depuis longtemps je n’habitais plus avec ma mère, qui était devenue bonzesse durant mon enfance. Je vivais une vie normale au sein d’une famille qui n’était pas tout à fait normale. La réalité est bien différente de celle qu’on nous présente dans les manuels scolaires, une famille heureuse composée d’un père, d’une mère, de leurs enfants vivant ensemble dans une maison à deux étages avec jardin.
A observer la vie des autres, je constate que chacun a son lot de problèmes et de chagrin. Les gens vivent des situations parfois inhabituelles, mais réagissent comme si tout cela était normal.”
Sim Heung-ah, Décembre 2007
(éditions Atrabile, 16 euros)

Lemon ink

Rebekka Baumann

“Le récit s’ouvre sur un huis clos.
Le personnage principal, chez elle, reçoit un colis vide. Mise en abîme de son propre rapport à l’espace qui l’entoure, ce colis ouvre le récit sur un instant, celui où, fouillant les angles vides d’une « réalité boiteuse », elle décide de rompre son isolement pour se mettre alors en quête d’un autre rapport au monde, symbolisé par le jaune. Les stratégies qu’elle élabore alors pour permettre au monde, à l’extérieur, de parvenir à l’intérieur, l’enferment peu à peu…
Le récit se construit en alternance de deux rythmes. Jeu d’oppositions d’une couleur chaude travaillée en matière, zébrures de lumière qui envahissent sporadiquement les pages, et d’un dessin plus austère, sobre, contemporain, LEMON INK narre l’instant fragile d’une lutte entre deux émotions contradictoires, où l’abattement et le repli sur soi le disputent à la volonté d’avancer.

La même alternance de deux rythmes est présente dans le texte, sous deux formes : d’une part une écriture manuscrite, se déployant dans la page, est la voix du récit à la première personne. De l’autre, une écriture typographique, en bas de page, faite de courtes phrases arides et descriptive, structuré comme une poésie libre.
LEMON INK est une nouvelle, un récit où les jeux graphiques évoquent un rapport délicat aux sentiments de lassitudes et de fébrilité. Évitant de s’y enfermer avec complaisance, l’auteur en joue et les mets en scène avec légèreté dans de grandes compositions aérées, confessant ses malaises avec une forme d’élégance retenue, par petites touches.

Le lecteur qui se promène entre ces lignes et ces esquisses découvre une saveur acidulée et discrète, une forme de générosité contenue qui fait tout le charme de ce livre.”

(éditions la cinquième couche, 16,00 €)

Approved for adoption

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© Mosaïque films

© Mosaïque films

© Mosaïque films

© YungApproved for adoption évoque cette histoire méconnue de l’adoption internationale coréenne, celle de ces plus de 165000 enfants envoyés à l’étranger depuis la fin de la guerre de Corée. Jung, auteur de Couleur de peau: miel (Ed. Quadrants) est l’un d’eux. Basé sur un mélange d’animations et de prises de vues réelles, ce docu-fiction réalisé par Laurent Boileau raconte le destin de ce déraciné et sa quête pour se réconcilier avec ses origines.

Sortie dans les salles de cinéma en 2011.

http://www.kwaidan.net/

http://approved-for-adoption.blogspot.com


En 2007, le premier tome de Couleur de Peau : Miel est publié en noir et blanc pour les éditions Quadrants (MC production). Dans ce récit autobiographique, Jung traite de l’adoption, du déracinement, des problèmes d’identité, de sexualité,. En 2008, il poursuit et sort alors en France le second tome très attendu de Couleur de peau : Miel.

La BD autobiographique de Jung passe maintenant dans le domaine de l’audiovisuel. En effet, son adaptation cinématographique est prévue pour 2010. Le tournage devrait se dérouler dans le courant du moi d’août de cette année et la sortie du film est prévu pour 2010. Basé sur un mélange d’animations et de prises de vues réelles, ce docu-fiction réalisé par Laurent Boileau raconte le destin de ce déraciné et sa quête pour se réconcilier avec ses origines.

L’auteur belge d’origine coréenne, Jung s’est toujours attaché, comme il le dit lui-même, aux mêmes thèmes : « l’abandon, les questions d’identité, le déracinement, le rapport à la mère». Adopté en 1970 par une famille de Rixensart, ce dessinateur plutôt spécialisé dans les sagas extrême-orientales a un jour décidé de raconter sa jeunesse.

Lors de l’interview, il nous expliquait toutes les difficultés qu’il avait rencontrées dans sa jeunesse du fait qu’il était en enfant adopté : « oui je me suis très bien intégré à ma famille, mais il y a eu de vraies difficultés. » « Ma mère a sans doute fait le maximum, mais peut-être qu’en tant qu’enfant adopté, je réclamais encore plus d’amour et d’attention que ce que j’ai reçu… »

Dans le premier tome, le dessinateur caricature sa mère et n’est pas tendre avec les membres de sa famille, certains lecteurs avaient trouvés que son ouvre était triste, mais il nous annonçait que le tome 2 serait différent.

Il concluait en disant : « L’adoption a longtemps pour moi été prétexte à me plaindre… Je veux que ce livre soit porteur d’une énergie positive, qu’il ne décourage pas les adoptants, mais rappelle combien la démarche peut se révéler compliquée, ingrate, pour eux comme pour l’enfant. »

Espérons que ce docu-fiction soit fidèle aux idées du dessinateur et communique l’énergie positive qu’il souhaite transmettre.
(Source : Télémoustique)

© Yung

L’Etincelle

Park Tae-ok
Choi Ho-cheol

“Au milieu des années 1960, la Corée du sud connut une période d’industrialisation rapide basée sur une politique de bas salaires et de suppression d’emplois. À cette époque, Jeon Tae-il, jeune ouvrier d’une usine textile, s’immola par le feu, brûlant avec lui le livre du droit du travail, pour protester contre l’absence d’une telle législation dans son pays. Ce suicide a été à l’origine de l’essor du mouvement ouvrier et a forcé les intellectuels à réfléchir sur la valeur de la vie.

En cinq volumes, L’Étincelle retrace, l’enfance, la jeunesse et le parcours d’un garçon dont le destin et la fin tragique ont marqué à jamais l’histoire de son pays. Tae-il, aîné des quatre enfants, va devoir grandir vite, trop vite, abandonnant sa scolarité pour subvenir aux besoins de sa famille. Enfant plein de vitalité, fils aimant, frère prévenant, ouvrier sérieux, Tae-il n’est pas sans nous rappeler Gen Nakaoka, le jeune héros de Gen d’Hiroshima. L’Étincelle, nous fait découvrir un pan d’histoire contemporaine : celle de la Corée du sud des années 1960.”
(éditions Vertige Graphic, 24,00 €)

Couleur de peau : miel

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“Jun Jung-Sik errait dans les rues de Séoul quant un policier l’a pris par la main pour l’emmener à l’orphelinat américain. Il avait alors 5 ans. Quelques photos, un rapport de l’assistante sociale coréenne… Ses premiers souvenirs ne tiennent qu’à un fil, mais les questions, elles, pèsent lourd. C’est pourtant sur ces interrogations que se bâtit son adoption, sa vie, sa personalité, sa destinée. Coûte que coûte.Ce qui est convaincant : lire le point de vue de l’enfant adopté… à l’âge où on relativise sa destinée. Et puis cette belle envie de ne pas se plaindre ni se faire plaindre, celle de transmettre une énergie positive au lecteur. Avec humour, fragilité, tendresse, et tenacité ! “Couleur de peau : miel
Série en deux tomes, dont un paru de 152 pages en n&b.
http://www.quadrants.eu/astrolabe/peaumiel
http://www.kwaidan.net/

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Campo di baba – Champs de beignets

Amanda Vähämäki

“Une histoire douce-amère qui touche au plus profond, par la jeune révélation finlandaise Amanda Vähämäki. Toute en retenue, elle signe ici un premier livre d’une force surprenante. Avec simplicité et évidence, elle nous emporte dans un délicat voyage, un récit sur la nostalgie et la perte de l’innocence.

Au sortir d’un rêve agité, une fillette aux allures de garçon trouve parmi ses amis une étrange créature qui prend son petit déjeuner. Une journée particulière commence. Elle reçoit la visite d’un ours qui l’emmène en ville en voiture. Animaux fantastiques ou domestiques, adultes inquiétants vont peupler un parcours initiatique en équilibre instable entre rêve et cauchemar. Une succession de rencontres troublantes où on ne perd pourtant pas ses repères. L’émotion, comme une fragile embarcation, sert de fil directeur. Jusqu’à ce champ fantastique où des beignets vivants poussent comme des pommes de terre…”
(éditions Frémok, 14 euros)

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